Bulletin des Droits de l’homme. Septembre 2015.

Cellule des droits de l’homme du  Congrès du Changement Démocratique

Bencheikh Aissa10 septembre 2015 : Des citoyens de Ghardaïa rapportent le décès dans des conditions troubles d’un détenu de la prison de la ville, Bencheikh Aïssa, 49 ans, père de famille originaire de Ksar Guerrara. Il était détenu ainsi que son fils et son neveu, suite aux événements qu’a connu la région. Suite à son incarcération, il aurait développé des troubles mentaux avec de multiples crises. Il serait ainsi resté sans soins malgré les réclamations de sa famille et de ses avocats. Ce n’est qu’après une grave détérioration de son état de santé qu’il a été évacué à l’hôpital où il décéda 0 » jours après son admission selon ses proches, 11 jours selon le « ministre » de la justice.

17 septembre 2015 : 08 jeunes citoyens de Bir El Ater (Tebessa) ont été arrêtés par la gendarmerie et présentés au Parquet suite à un sit-in pacifique qu’ils avaient organisé pour réclamer du travail au sein de l’usine de phosphate de Djebel Onk.

Convoc Khencha20 septembre 2015 : Le citoyen Khencha Belkacem, de la Coordination des chômeurs de Laghouat et qui a été libéré le 29 juillet dernier après avoir purgé 6 mois de prison a été convoqué aujourd’hui par la police sur ordre du Parquet de la ville suite à l’interview réalisée par Khencha à sa sortie de prison, au quotidien El Watan, relatant les conditions déplorables des détenus du pénitencier de Laghouat.

20 septembre 2015 : Procès des jeunes citoyens Ahmed Korichi, Moussa Tewfik, Redha Cherif, Fassi Noureddine,  Adel Ayachi Messiya Ferhat, Chelali Amine et Nacereddine Rarrbo, au Tribunal de l’Arba (Blida). Ils sont accusés de pression sur la justice et de perturbation des magistrats dans l’exercice de leur fonction. Les faits remontent à une année lorsque ces jeunes ont organisé un sit in devant le tribunal pour soutenir d’autres compatriotes. L’affaire est mise en délibéré pour le 27 septembre.

Abdessami Abdelhaï21 septembre 2015 : Le citoyen Abdelhai Abdessami, correspondant de presse, demeurant à Tebessa, incarcéré arbitrairement depuis août 2013 et en détention préventive depuis cette date, vient d’être mis en liberté provisoire, en attendant son jugement.

Il avait été accusé d’avoir aidé le directeur de « Mon journal » à quitter l’Algérie clandestinement, pour rejoindre la Tunisie

27 septembre : Le tribunal de l’Arba (Blida) condamne les jeunes citoyens Ahmed Korichi, Moussa Tewfik, Redha Cherif, Fassi Noureddine,  Adel Ayachi, Missa Ferhat, Chelali Amine et Nacereddine Rarrbo, jugés le 20 septembre dernier, à 18 mois de prison ferme. Les condamnés ont fait appel

29 septembre 2015 : A l’occasion du 10e anniversaire de la « Charte de l’Impunité », la coordination nationale des familles de disparus a tenté d’organiser un sit-in à la Grande Poste d’Alger ce matin à 10h. Un important dispositif sécuritaire a été mis en place dès les premieres heures de la matinée. La tentative de rassemblement des familles (dont de nombreuses personnes âgées) a été accueillie par une répression sauvage. Après le tabassage en règle des quelques dizaines de personnes, les services dits de sécurité ont procédé à de nombreuses arrestations. Un autre rassemblement d’une autre association des familles de disparus a eu lieu devant la Chambre Nationale d’Enregistrement (ex-APN). Une violente répression s’est abattue sur la cinquantaine de participant(e)s et des arrestations ont eu lieu.

Témoignage d’un parent de disparu victime de la répression ce jour à la Grande Poste d’Alger

SlimaneSlimane Hamitouche.

Nous étions en tant que membres de la coordination, une quinzaine, femmes et hommes, au niveau de la Place Audin, nous dirigeant vers la Grande Poste. Soudain, nous fumes assaillis par une trentaine de policiers, en civil et en tenue. Apparemment, des policiers en civil nous avaient suivis depuis le haut de la rue Didouche et nous avaient signalés à leurs collègues stationnés à Audin. Devant ces renforts, nous avons constitué une véritable barrière humaine pour résister. Et nous avons commencé à lancer des slogans : « Kassaman marana habssine, hatta ebanou el makhtoufines », « Ya Tartag ya Seffah, bi kadhiyate el makhtoufines ma tartah » , « barakat, barakat, mel hogra barakat ».

Nous fumes rejoints par d’autres familles de disparus qui étaient au niveau de la Grande Poste.

Alors commença la bastonnade (coups de poings et coups de pieds). Plusieurs manifestants furent malmenés, trainés sur le sol et embarqués de force vers les camions et les Caddys de la police pour être emmenés vers les commissariats. Des insultes et des blasphèmes fusaient de la bouche de ces policiers, et ce malgré la présence de mères et épouses de disparus. Je fus entrainé de force avec une pluie de coups de poings et de pieds vers un camion avec un autre citoyen Ahmed Taani, non-voyant et nous fumes enfermés dedans. L’un des policiers m’insulta en proférant des grossièretés contre ma mère (grossièretés que je ne peux répéter ici). Au moment où on nous a enfermé dans le camion, je voyais des policières foncer sur les mères et épouses de disparus avec une violence inouïe. Wassila Benlatreche fut violemment entrainée vers un autre fourgon. Le gilet qu’elle portait avec la photo de son frère disparu lui fut arraché et jeté dans le camion.

Saker Naïma, Fergani, Oughlissi Farida, Chambazi Hakima, Benkheznadji Lamia, Bouabdallah Chafia et Nateche Fatiha, parmi tant d’autres, furent embarquées par la police.

Quant aux jeunes Yacine Khaldi, Fateh Madhi, Ahmed Gacem, Issami Sofiane et Abdelwab, ainsi que d’autres dont j’ai oublié le nom, furent embarqués à leur tour pour être dispatchés sur plusieurs commissariats.

On m’emmena ainsi que Ahmed le non voyant, au commissariat de la Rue Didouche Mourad, situé en face de l’Hôtel « Suisse ».

Dès l’entrée au commissariat je fus accueilli par des coups de poing au dos et des coups de pied d’un policier en tenue. Un autre policier en civil, sortant d’un bureau m’accueillit par des blasphèmes (Dine Rabak et autres obscénités). Il ordonna au policier en tenue de me neutraliser par des menottes en m’attachant les poignets à une barre de fer de telle manière que je ne pouvais pas me protéger des coups. Il commença alors à me gifler puis à me donner des coups de poing au ventre alors que j’étais bloqué par les 2 menottes, ne pouvant réagir. Je suis resté près de 2 heures menotté à la barre de fer. Puis vint une dame officier qui ordonna aux policiers de nous transférer au commissariat de la Place du 1er mai, face à l’hôpital Mustapha. Arrivés à ce commissariat, l’officier local refusa de nous prendre et nous fumes ainsi jetés à nouveau dans le fourgon pour retourner au commissariat de Didouche.

Vers 13h 15, on nous dirigea vers l’hôpital Mustapha pour un examen en médecine légale. J’ai montré les traces des menottes aux poignets et des gifles au visage et au cou, au médecin.

Vers 15h, on nous libéra.

Les mères et épouses de disparus, au nombre de 3 ou 4, emmenées au commissariat de la Place du 1er mai ont été libérées vers 16h.
Wassila Benlatreche, Lamia Benkheznadji et Bouabdallah Chafia qui étaient au commissariat de Scala (El Biar) puis au commissariat de Sidi Youcef furent libérées vers 18h.

Ainsi va la réconciliation à l’algérienne, la réconciliation de la bastonnade et des insultes !

Témoignage recueilli par la Cellule des Droits de l’Homme du CCD
Alger le 29 septembre 2015

convoc Aouine30 septembre 2015 : Le harcèlement judiciaire contre le citoyen Rachid Aouine, membre de la Coordination des chômeurs d’El Oued se poursuit. En effet il est convoqué aujourd’hui au tribunal pour un procès en appel (introduit par le Parquet) pour atteinte à corps constitué.

Rappelons qu’il avait été jugé et condamné en 1ere instance par le tribunal d’El Oued à 6 mois de prison pour avoir diffusé la vidéo d’un jeune citoyen décrivant les brutalités subies de la part de la gendarmerie.
https://www.youtube.com/watch?v=f7lhYcsQBkg&hd=1

En Appel, il avait été condamné à 4 mois de prison ferme qu’il avait purgé.
Puis il avait été jugé le 08 juin 2015 pour une seconde affaire avec l’accusation d’atteinte à corps constitué et acquitté. Le procureur a fait appel et Rachid Aouine a comparu aujourd’hui. L’affaire a été reportée au 21 octobre 2015.

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